Les croix des toits de Liesse Notre-Dame

 

Si vous avez l'occasion de venir dans cette cité mariale, vous pourrez, en quelques minutes découvrir un étonnant ensemble de des "croix perchées" sur les cheminées et les pignons des maisons du 17ème siècle. D'où viennent-elles ?

 

Notre cité mariale, modeste en ses débuts moyenâgeux se développa progressivement. La grande époque des pèlerinages fut le 17ème siècle, avec les rois de France. Alors, autour de la basilique, se développèrent. Elles subsistent encore aujourd'hui, heureusement épargnées par les deux dernières guerres et malgré la proximité des champs de bataille.

 

 

Et vous serez étonnés de retrouver, marqués dans la brique, les signes de la foi de nos ancêtres, au sommet de leurs habitations.

 

Surtout deux types de "croix perchées" :

-au sommet des pignons

-sur le flanc des cheminées.

 

 

Nous ne présenterons ici que quelques échantillons. Mais nous savons que vous serez ravis si vous pouvez, un jour, parcourir ces rues anciennes en levant bien les yeux !

 

 

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Ici vous pouvez déjà découvrir les croix les plus proches de la basilique. Tout d'abord, en direction de Chivres, rue Duployé, aux deux extrémités de la charcuterie, les pans coupés du toit laissent percer de magnifiques cheminées ornées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis, sur le presbytère, surmontant la sacristie une petite croix décore la cheminée, verdie par son exposition au Nord.

 

Elle a donné le ton pour trois répliques du même style, l'une sur la façade de l'immeuble, construit par les chanoines de Laon (on y lit l'inscription C.L.M.F. : le Chapitre de Laon Me Fit) et les autres, sur l'arrière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vers le fond de la place Jeanne d'Arc, près du "Point Villages"., nous apercevons une autre croix, sur un pignon, dans une cour fermée par une grille. Et deux autres, sur un petit local, à l'entrée de l'Abri du Pèlerin. (photo)

 

 

 

En s'éloignant un peu de la basilique, vers Laon, on arrive au carrefour de la Maison de Retraite transformée en Hôtel-Dieu par la duchesse de Guise, Marie de Lorraine.  Sur l'édifice dédié à l'accueil des pèlerins pauvres, subsistent deux croix sur le flanc des cheminées, plaçant ainsi les hôtes sous la protection divine.  L'une des croix de cheminées s'élève sur presque 2 mètres, tandis que l'autre, bien modeste, surmontant l'entrée de la cour, passerait facilement inaperçue.

 

Juste en face, au centre de la petite place Liébert, une magnifique cheminée, décorée sobrement d'une petite croix, confirme  la tradition de l'époque. (photo)

 

Et, en direction de Marchais, vous pourrez apercevoir une croix sur le flanc d'une cheminée d'époque, rue du Maréchal Leclerc). La maison porte encore la date: 1656.(ci-dessous, à droite)

 

 

 

 

Pourquoi les Croix de Pignons :?

 

Les bâtisseurs ont utilisé les couleurs de la craie et de la brique pour assurer le décor des entourages de fenêtres et des pignons en dents de scie. Au fil des années s'est ainsi défini un arrangement minutieux répandu dans la région, qui assure la résistance du pignon aux intempéries, à condition de recouvrir la pointe.

 

 

 

C'est sans doute là l'origine de ce type de croix. En bien des endroits, dans le voisinage, on s'est contenté de poser sur la  pointe deux fois deux briques superposées, recouvertes d'une seule, en travers, sur le joint. Mais chez nous, la contrainte de l'architecture a inspiré une expression de la foi.

 

 

 

Une enquête lancée en septembre 2002, a permis de recenser une centaine de croix de pignons et de cheminées sur 14 villages de la paroisse, les plus proches de la Basilique.

 

 

Si la tradition ne se limite pas à ce noyau de villages, (on en trouve aussi dans la vallée de la Serre) quelques beaux exemplaires subsistent à Marchais.. Et surtout, l'enfilade bien visible dans la rue principale de Pierrepont nous laisse imaginer l'allure d'une époque où semble-t-il, une majorité de maisons portaient fièrement leur croix au sommet du pignon.

 

Sans doute beaucoup d'entre elles ont disparu. Des moignons de briques l'attestent. Depuis notre enquête, en 2002, ces disparitions ont continué. Mais ailleurs, la publicité faite à cette étude a permis de bloquer une démolition ou de rétablir des croix démontées par des couvreurs.

 

Et ailleurs ? Personnellement, j'en ai aperçu quelques-unes dans l'Oise. Et vous, n'en avez-vous pas rencontré ?

 

Notons enfin en trois villages des pignons bâtis en pierres surmontés eux aussi de croix en pierre blanche à trois pétales ronds, taillés dans la même pierre. C'est le cas de Gizy, Coucy-les-Eppes et Eppes, le village d'où partirent les Trois Chevaliers de notre Légende.

 

B. Proffit