Le Jub de la basilique Notre-Dame de Liesse

 

Les origines du jub :

A dfaut de document prcis, les anciens guides du plerinage attribuaient gnralement le don du jub Charles, duc de Guise et Henriette-Catherine la Joyeuse, qui avaient Marchais une de leurs plus somptueuses demeures.

Un document, retrouv dans les minutes d'un tabellion de Nancy, Christophe Viriet, dtruit cette hypothse, rvlant les circonstances vritables de la construction du jub, lev aux frais de la duchesse de Lorraine, Marguerite de Gonzague, pouse de Henri II.

 

Le 13 avril 1616, au couvent des Minimes de Nancy-la-Neuve, le pre Jean 1'Affrique et sieur Francesco Milani, valet de chambre de la duchesse, traitaient en son nom avec matre Cornille Desmaires, sculpteur et Herman Liepe, architecte et entrepreneur des fortifications de Marsal, demeurant Nancy:

"L'Altesse de Madame, d'une spciale dvotion qu'elle a Notre-Dame de Liesse, ayant dsir de faire audict lieu ung jub ou pulpitre. . .pour 1'embellissement et commodit plus grande de ladicte glise"...Desmaire et Liepe souscrivaient un march pour construire ledit jub, "prenant toute la largeur de ladicte glise"...

 

Les archives ont gard le souvenir de trois plerinages de la duchesse Marguerite de Gonzague Liesse, o elle alla en 1614, 1623 et 1628. On voit que la commande du jub est intervenue deux ans tout au plus aprs le premier voyage connu dont elle est, selon toute vraisemblance, la consquence.

La construction n'a pu tre dcide qu'aprs 1'accord du chanoine trsorier de Liesse, et dont on sait, par le contrat, qu'il tait charg de recevoir les travaux.

Ces plerinages de la duchesse avaient-ils un objet prcis? On invoquait de faon plus particulire Notre-Dame de Liesse pour la fcondit des foyers et la sant des jeunes enfants...Lorsque Louis XIII et Anne d'Autriche venaient Liesse en 1618 et 1632, c'tait pour y demander au Ciel la naissance d'un dauphin. Il n'est sans doute pas tmraire de penser que la duchesse de Lorraine, quand, aprs la naissance d'une quatrime fille, elle fit pour la premire fois le plerinage, tait pousse par les mmes sentiments. Le riche jub qu'elle offrit devait en quelque sorte concrtiser sa supplication. On sait que ses voeux ne furent pas exaucs et que jamais elle n'eut le fils tant espr...

 

Le dessin du jub auquel fait allusion le contrat de 1616, n'existe plus, mais le texte-mme du march en donne une description minutieuse:

"La description des besognes ncessaires s'ensuyt: muraille d'espesseur et de profondeur suffisantes pour porter les deux faciades et, en un bout, un escaillier. Et lesdictes faciades soient faictes, savoir en celle de 1'entre regardant vers le portail, il y ait six collonnes de marbre noir, selon ordre de Corinthe, de haulteur de cinq pieds trois quartz, selon les architraves, ftes et corniches, pierre de pays. Et aux deux costs de ladicte fasiade, y soeint faictz deux aultelz avec le quadre...Et aux clefs de 1'arcade desditz aultelz, se mettront les armoiries de Son Altesse et de Madicte Dame.

Sur pav et corniches se poseront les ballustres...avec un amortissement au-dessus d'icelles, dans lequel seront poses les armoiries de Lorraines mi-parties, et au-dessus d'icelles le Crucifix, avec deux ymages de Notre-Dame et de Saint Jean.

Et en 1'autre faciade qui regarde vers le grand autel, il y ait six pilastres de marbre noir. avec les chapiteaulx, basses et pied d'estai de pierre de pays..."

 

Le tout devait tre termin pour la fte de St Jean-Baptiste de 1617, au prix de 3600 francs, payables en cinq fois... Un peu plus tard, le sculpteur Desmaires participa la dcoration du matre autel de Mirecourt, d'un style proche du retable de Liesse.

 

Ce jub a cependant subi d'importantes modifications par rapport au projet initial. Du ct de la nef, il correspond peu prs la description du march. Cependant, les autels latraux ont disparu; il n'en reste que les "quadres", ou plutt retables, vides de toute statue ou tableau.

 

La faade du ct du choeur a subi une modification beaucoup plus radicale : toute la partie infrieure a disparu et la tribune du jub est soutenue par un grand arc surbaiss. Par contre, au-dessus de la balustrade existe un amortissement colonnes qui n'tait pas prvu 1'origine. C'est l que se lit l'inscription indiquant que le jub est d la pit de 1'ancienne maison de Lorraine."

 

Extrait d'un article de la Revue "Le Pays Lorrain" de Mr 1'abb Jacques Choux, paru en 1970 et communiqu par M. Jean HARBON VILLE, de Nancy, que nous remercions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo : Vu de l'arrire, le Jub, dcrass des traces de fume en 1992,aprs deux ans d'efforts d'une quipe de bnvoles. Qu'ils soient aussi remercis.