Les vitraux de la basilique Notre-Dame de Liesse.

 

Après la destruction des anciens vitraux par une bombe, en mai 1940, de nouvelles verrières ont été dessinées et placées en 1975. Un travail qui a demandé 7 années de recherches.

 

A travers la lumière, ils veulent redire le message de joie de Notre-Dame de Liesse.

 

Vous trouverez

3 types de vitraux :

- les grandes verrières,

- les vitraux bibliques,

- les vitraux des chapelles, retraçant l'histoire.

 

 

 

 

Sur les 2 grandes verrières  les rois et le petit peuple se dirigent vers Notre-Dame

 

Le vitrail royal (Transept Sud)

 

Parmi les pèlerins de Liesse, d'abord le peuple, puis tous les rois de France, de Charles VI à Charles X,

sont venus à Liesse, ainsi que la duchesse de Berry et la duchesse d'Angoulême.

 

Au CENTRE, avec un bonnet portant beaucoup de médailles, Louis XI, venu 5 fois à Liesse. La 2nde fois, c'était pour son couronnement. Il aimait beaucoup les pèlerinages. A la fin de sa vie, Louis XI a imploré Notre-Dame de Liesse et juste avant de mourir, il a dit "Marie, pardonne-moi". Ensuite on voit François 1er avec son chapeau à plumes (il aimait beaucoup les chapeaux). . Il est venu 7 ou 8 fois à Liesse. François 1er était prisonnier, en Espagne. Il a demandé à Notre-Dame de Liesse de le délivrer. En dessous, un cultivateur offre ses gerbes de blé, un vigneron ses grappes de raisin et l'on voit un carrier, car on a tiré des pierres des grottes du Chemin des Dames.

La lancette de DROITE présente Louis XIII, car il est venu demander la naissance de Louis XIV avec sa femme Anne d'Autriche (en dessous). Ils étaient mariés depuis 23 ans et n'avaient pas d'enfants. A côté d'Anne d'Autriche, la dame en noir est Marie de Médicis. Elle a offert l'arc triomphal qui entoure l'autel, en 1601, à la naissance de Louis XIII. Elle est venue 2 fois à Liesse. Elle a vu que le village était construit sur un marécage, donc difficile d'accès. Elle a fait faire deux routes et des ponts pour que les pèlerins puissent venir plus facilement.

Les classes laborieuses sont représentées en dessous, notamment un betteravier avec son chapeau et sa serpe, puis un magistrat au col d'hermine.  En bas, le blason de la ville de Laon avec trois merlettes.

La lancette de GAUCHE présente Louis XIV et, en dessous, Marie-Thérèse d'Espagne accompagnée d'Henriette de France (en bleu), la tante de Louis XIV qui était mariée avec Charles 1er d'Angleterre. Un jour qu'Henriette de France faisait le trajet de France en Angleterre, son vaisseau fut pris dans une tempête.  Henriette de France allait de l'un à l'autre disant que Notre-Dame de Liesse leur viendrait en aide. Ils sont sortis sains et saufs de la tempête et Henriette de France a offert un bateau de 30Kgrs d'agent.

En dessous, on voit les classes bourgeoises et le blason du comte de La Tour du Pin.

 

La France en route vers Liesse (Transept Nord)

Dans la lancette du CENTRE, Marie, en transparence, présente le Rédempteur: c'est sa vocation. En dessous, un grabataire, un handicapé qui offre ses béquilles. On voit, dans la sacristie bâtie par Louis XIII, des béquilles qui ont été offertes par des infirmes guéris et une femme qui offre son enfant. Les femmes stériles viennent à Liesse, demander la grâce d'avoir des enfants.

Dans la lancette de DROITE, les corporations : menuisiers, charpentiers, qui venaient au 14ème  et 15ème  siècle en groupes parce que les routes n'étaient pas sûres. Dans les lobes du haut, ce sont leurs insignes. Il y avait 2 confréries à Paris de Notre-Dame de Liesse dont Colbert faisait partie. Il y en avait beaucoup en Normandie, dans l'Auxerrois, Reims, Soissons.

On voit, en haut, Mr Olier, le fondateur de l'ordre de St Sulpice. Un jour qu'il avait un sermon très important à faire, il a perdu le fil de ses idées. Il a prié Notre-Dame de Liesse et son sermon s'est déroulé sans problème.

En dessous, le personnage à genoux, c'est Pierre de Kériolet. Il est né à Ste Anne d'Auray. Son père était magistrat et Pierre de Kériolet profitait de sa situation sociale pour faire tout ce qui était défendu. Il était adultère, débauché, blasphémateur. Il lui prit, un jour, la fantaisie de se convertir à l'Islam. Il partit pour La Mecque. En cours de route, il se fit prendre par les brigands, eut très peur et pria: " Notre-Dame de Liesse, si je suis libéré, je me convertirai". Pierre de Kériolet fut libéré mais il ne se convertit pas du tout. Il recommença ses débauches à Rennes et Paris.

Or, il y avait à Loudun, des religieuses que l'on disait possédées du démon. On procéda à un exorcisme. Pierre de Kériolet assista à cet exorcisme et, en sortant de là, il rencontra Satan lui-même, qui lui reprocha d'être trop bien avec Notre-Dame de Liesse et de ne pas faire assez de mal. Pierre de Kériolet réfléchit. Il donna son château  pour en faire un hôpital. Il vint à Liesse où il demeura 9 jours en prière. Il donna tous ses biens aux pauvres. Alors, son évêque, voyant que Pierre de Kériolet avait changé de conduite, vint le trouver pour lui dire que Dieu voulait encore plus de lui : qu'il fasse ses études et devienne prêtre. Et c'est ainsi que de voyou, Pierre de Kériolet est devenu prêtre, et a passé le reste de sa vie à faire pénitence pour demander pardon de ses fautes de jeunesse. C'est "la conquête de Marie"

En dessous,  les cercles catholiques d'ouvriers. En 1870, à Metz, Albert de Mun et le Marquis de la Tour du Pin (en bleu), sont prisonniers des Allemands, qui les emmènent, avec d'autres, à Aix la Chapelle. Ils avaient le temps de réfléchir, ils ont pensé que bien des groupes partaient travailler dans des usines, et donc ils avaient besoin d'assurer près d'eux l'Eglise. Donc le 17 août 1873, ils avaient déjà constitué des cercles sociaux ouvriers et ils venaient en pèlerinage à Notre-Dame de Liesse. Ils descendaient du train à Coucy-les-Eppes, car le train n'allait pas plus loin. Il y eut 2500 ouvriers ce jour-là.

Dans le bas de cette lancette, on reconnaît, de gauche à droite, le blason de la famille de Mun, celui de la ville de Reims avec ses lauriers, et celui de la ville de Paris, le bateau, "Fluctuat nec mergitur"

Dans la lancette de GAUCHE, tout en haut, Jean-Baptiste de la Salle. A côté de lui, le Père Mabillon, savant bénédictin né à St Pierremont, dans les Ardennes, auteur de livres sur la diplomatie. Près de lui, une dame avec un petit bonnet, Berthe Avrillot qui a été consacrée à la Vierge, à sa naissance. Elle est devenue Madame Acarie et a introduit en France, en 1604, l'ordre des carmélites que Thérèse d'Avila avait réformé en Espagne. En dessous, des pénitents blancs que l'on reconnaît à leur coiffure pointue. Les protestants faisaient beaucoup de dégradations dans les églises catholiques, au cours des guerres de religion. Henri III institua l'ordre des pénitents blancs pour demander pardon. Ils s'en allaient deux par deux comme les pénitents des processions du vendredi Saint en Espagne.

En bas, des religieuses, un évêque et un prêtre. Sur la droite, ce sont les confréries (hommes venus en pèlerinage à Liesse, ils se retrouvaient une fois par mois pour prier) Le blason à la fleur de Lys sur fond rouge est le blason de la ville de Soissons, avant la Révolution.

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Les vitraux des chapelles, retraçant l'histoire.

Nos vitraux sont lumière et transparence porteurs d'une histoire. Nous dirons notre histoire d'hier et d'aujourd'hui puis nous en découvrirons les détails et le message dont ils sont porteurs. Le Père Thomas a fait appel aux associations, aux familles religieuses qui ont participé au rayonnement de Notre-Dame de Liesse. Les uns à travers le monde comme les jésuites, les autres en épuisant un dynamisme pour l'éducation des jeunes et pour l'école chrétienne, les sœurs de l'Enfant-Jésus avec leur école ici à Liesse et autre part, les chevaliers de Malte par leur fidélité à une tradition, les Carmélites par leurs prières., etc.

 

Le vitrail de l'Ordre de Malte

Il y a 850 ans en Egypte, 3 chevaliers enchaînés ont été libérés par Notre-Dame de Liesse. ils s'appelaient les chevaliers de Saint Jean de Jérusalem. Le siège de cette association est actuellement à Malte. Voilà pourquoi ils portent le nom de Chevaliers de Malte. Aujourd'hui les Chevaliers de Malte ont une action caritative importante dans le monde. Ils consacrent une partie de leur vie à soigner les lépreux. Ils sont à la fois un ordre militaire et social.

En 1899 c'est dans cette chapelle que les membres français de l'ordre, guidés par la Tour du Pin, par le baron de Créteil vinrent apposer une plaque commémorant la constance héroïque des 3 chevaliers, héros de la légende. Ils gardent une affection profonde pour la madone. En 1934, au congrès marial national ils ont pris une grande activité, et c'est alors que le marquis de Hennezel d'Ormois a découvert des textes sur Notre-Dame. Dernièrement une femme s'est arrêtée devant ce vitrail, elle avait été au service de Mme Guy de Poligna.  Avec ces vitraux nous allons essayer de découvrir leur idéal.

En haut, dans le trilobe, le blason de l'ordre souverain avec le cordon surmonté de la couronne, la croix, cette croix des croisés, avec les 8 pointes qui veulent signifier les 8 béatitudes.

En dessous, deux costumes : militaire à droite, priant à gauche. Ils protègent un lépreux, ce lépreux tenu par une femme de l'ordre, pour manifester la tendresse avec laquelle ils accueillent les lépreux. Cette femme donne la main à un jeune Asiatique qui lui-même donne la main à un Indien, qui la donne à un Noir d'Afrique. Ainsi se forme l'assistance complète entre toutes les ethnies dans une chaîne de solidarité.

En bas à gauche le blason de l'ordre, avec la langue de Provence, la langue de France et la langue d'auvergne. A droite c'est le blason actuel du prince de Polignac.

 

La chapelle des Grimaldi et le château de Marchais.

Le quadrilobe représente le pain et le sel (signes d'accueil) et 2 fleurs de lys.

Le château de Marchais, construit en 1538 par Nicolas de Boussu, dans le style du château d'Azay le Rideau, a été acheté par Charles de Lorraine, archevêque de Reims, frère de François de Guise, qui l'a aménagé. Quand les rois de France se faisaient sacrer à Reims, ils venaient à Liesse et couchaient dans ce château. La famille Guise-Lorraine s'étant trouvée sans descendants, le château fut vendu à différents propriétaires successifs qui s'en sont plus ou moins bien occupés. Le dernier propriétaire étant le comte de Lamarre qui avait fait une mauvaise spéculation. Il fut contraint de vendre son château pour payer ses dettes, et c'est Charles III de Grimaldi, barbu, avec une écharpe rayée,  qui le racheta en 1854.

Devant le château, le Prince et la Princesse arrivent, et l'hôtesse leur offre le pain et le sel en signe d'hospitalité.

Plus bas , on voit le blason des Grimaldi ainsi que le prince Rainier, à gauche, et, à droite, le prince Albert. De l'autre côté, la princesse Charlotte, maman du prince Rainier, qui est enterrée au château de Marchais. En tenue d'officier de marine, à droite, Albert 1er, qui institua le musée océanique de Monaco.

 

Le vitrail de St Jean-Baptiste de la Salle.

Vers 1650, un Rémois voit dans la rue, des garçons voleurs, pilleurs, inoccupés. Jean-Baptiste de la Salle invite quelques instituteurs à s'unir à lui pour aider ces garçons à grandir, à sortir d'eux même ce qu'ils ont de meilleur. Le 28 mai 1684, après 18 jours de retraite, Jean-Baptiste de la Salle, avec les 12 premiers frères, parcourt à pied, de nuit, pendant 8 heures, les 45 kilomètres de Reims à Liesse. Ils viennent se prosterner devant la Vierge noire. Ce geste du fondateur et de ses frères s'inscrit dans ce grand courant de pèlerinages qui avait commencé au 13° siècle avec la croisade de St Louis.

Aujourd'hui les frères ont une dévotion particulière envers Marie Mère du Christ et de l'Eglise. Reims, reste leur lieu fondateur. Actuellement ils sont 8000 frères répartis dans 37 pays. Tous les ans, dans ce sanctuaire, une quarantaine de frères renouvellent leurs promesses, en anglais, en français, en espagnol, et dans leur propre langue. Il est arrivé qu'ils récitent le "Je vous salue Marie, en 13 langues différentes.

Le style du vitrail ne ressemble pas à celui des vitraux précédents. C'est que les frères, dès 1945, ont remplacé rapidement par leurs soins le vitrail brisé. Ici les visages sont dessinés. Sur les autres vitraux, ils ne le sont pas.

A GAUCHE, Jean-Baptiste de la Salle, à DROITE les premiers frères, en fond l'autel de Notre-Dame de Liesse. Dans le lobe du haut, leur insigne, l'étoile, l'étoile de la crèche avec la devise de confiance que beaucoup d'anciens élèves des frères connaissent, mettent en pratique et redisent, en passant ici.

 

Le vitrail des pères jésuites

Au sortir de la révolution, l'abbé Billaudel restaure le culte de Notre-Dame de Liesse, puis, arrivant à la fin de sa vie, il souhaite voir à Liesse une équipe de prêtres pour entretenir la ferveur mariale, pour aider les pèlerins à entrer dans une vie spirituelle plus profonde. Quelques grandes dates :

1857: Pour raviver la piété des compatriotes encore imprégnés des théories voltairiennes Monseigneur de Garcinia avait sollicité de Pie IX l'autorisation de couronner solennellement la Vierge et dans une prairie entre Liesse et Marchais. Il y eut ce couronnement de la Vierge inoubliable manifestation de foi.

1934, Congrès marial national, avec le légat du pape, le cardinal Binet.

1945 après la guerre reprise du pèlerinage bien qu'il n'y ait pas eu d'interruption pour prier la Vierge durant la guerre.

Tout ce ministère des pères jésuites de 1850 à 1957 fut une véritable épopée missionnaire de Notre-Dame de Liesse. A l'exemple de l'ardent François Xavier combien de jeunes jésuites partent vers les pays lointains portant la croix du Christ.

Après ces fêtes mariales de 1857, au temps des plus sanglantes persécutions en Chine, le père Fori et ses compagnons partent pour la Chine, emportant la statue de Notre-Dame. Ils ne peuvent songer à élever une chapelle là-bas. Ils commencent par la cacher dans le creux d'un rocher et, chaque jour, ils vont l'invoquer. Les chrétiens les suivent et une église est élevée en 1874 à Koitche. La révolution chinoise oblige à cacher de nouveau la Vierge dans le creux du rocher. Mais dernièrement les Chinois ont écrit "Nous avons repris le pèlerinage avec 2 évêques et 2000 pèlerins".

(En Chine encore, en 1928 un couvent de trappistes s'ouvre sous la protection de Notre-Dame de Liesse).

A Ceylan, dans les Indes anglaises, les missionnaires arrivent avec Notre-Dame de Liesse, et le temple païen voisin devient silencieux. Au Gabon aussi, puis à Madagascar. En 1990, une lettre nous arrive 350 chrétiens se réunissent chaque dimanche dans l'église de Notre-Dame de Liesse et le 27 octobre 1987 ils y ont fêté le centenaire de l'église. Elle est en Centrafrique, à Grimari, depuis 1934. Le père Deparvilliers curé de Liesse à l'époque, est parrain d'une cloche offerte par les Liessois. Et Sœur Janine Grosjean, de Laon, qui anime cette paroisse, nous envoie régulièrement des nouvelles.

A Montréal, au Canada, depuis 1877, on reçoit dans l'église du Gésu, les faveurs d'une statue de Notre-Dame qui a été vénérée longtemps à Liesse-même, puis à Laon (probablement celle qui avait remplacé ici la statue volée puis vénérée après la Révolution).

Qui portera aujourd'hui, au loin la croix du Christ ? Tous à cette époque emportaient la Vierge de Liesse pour trouver près d'elle, la joie réconfortante qui assure le développement de leur activité missionnaire. Quel jeune répondra à l'appel de Notre-Dame pour révéler aux païens qu'ils sont aimés de Dieu ?

Sur le vitrail, dans le TRILOBE, l'invocation IHS. Cet insigne est inscrit dans l'architecture de la célèbre église des Jésuites de Rome, de même dans l'église du Gésu de Montréal.

A DROITE, Saint Ignace de Loyola, espagnol. Il a vécu de 1491 à 1556. En 1534 il est étudiant à l'université de Paris. Sous les ponts de Montmartre, il fait vœu d'aller en Palestine et de se mettre à la disposition du Pape. En 1540, il fonde la Compagnie de Jésus avec un vœu spécial d'obéissance au Pape. Plus bas un missionnaire, le 1er missionnaire jésuite, François Xavier, porte la croix des missions de Chine. Puis, avec son turban, un jeune converti oriental tient aussi cette croix. , les Jésuites, chassés par la Révolution, retournent actuellement en Chine.

Tout en bas  un père jésuite exégète le Père de Lubac. Il consulte des textes, il met son talent au service de la foi, il l'a fait spécialement au cours du Concile Vatican II. Une de ses paroles : "la Révélation n'est pas essentiellement un livre, c'est une personne Jésus Christ".

Dans la lancette de  GAUCHE, les éducateurs de la jeunesse chrétienne ont un livre à la main. Devant eux, 3 garçons enlacés,on les sent solidaires. Un autre, en bleu, symbole de l'esprit et de la vérité, se fait tout écoute.  Plus bas c'est le père jésuite Teilhard de Chardin,qui a été aumônier militaire sur le Chemin des Dames, tout proche d'ici. Il met sa science au service de Dieu. Dans ses mains il contemple un crâne ancien, symbole du temps qui passe, mais aussi de l'évolution.

Dans ce vitrail, admirons la courbure des lignes, un cercle central puis un cercle haut dessus des fondateurs et des éducateurs. A droite, dominance du jaune, couleur de la révélation, à gauche dominance du bleu, l'esprit, la vérité. Toutes ces courbures pour marquer plus de dynamisme.

Contemplons notre jeunesse, les jeunes portés par tous les éducateurs d'aujourd'hui. Nous pourrions encore citer des noms de jésuites qui se sont fortement engagés dans l'Eglise ces dernières années : le père Calvès, le père Varillon à Lyon, le père de Dinechin chargé par les évêques d'être présent aux recherches bioéthiques, le père Vespieren, dans l'accompagnement des malades, le père Xavier Léon-Dufour qui a pris une grande part aux activités bibliques actuelles. Il serait bon aussi de reprendre tout ce qui a été travaillé au congrès marial de 1934 (on le retrouve dans le gros livre souvenir de ce congrès)

 

Le vitrail des Carmélites :

En haut, dans le quadrilobe, on voit la Sainte face du St Suaire de Turin  (la seule tête figurée - des vitraux)

A GAUCHE, Ste Thérèse d'Avila, réformatrice Carmel en Espagne, et, plus bas, une carmélite en prière et le blason du Carmel. A droite, Ste Thérèse de l'Enfant Jésus, et une carmélite au travail. Les flammes du blason rappellent que le prophète Élie, qui vivait au Mont Carmel, est remonté au ciel dans un char de feu.

Les deux étages du vitrail sont coupés par une bande de roses (fleurs de Thérèse de l'Enfant Jésus) :"La sagesse s'est élevée comme les rosiers sur le sol de Jéricho" dit la Bible.

 

Le vitrail de Sainte Preuve :

Le château du village de Sainte-Preuve, tout proche de Liesse, a appartenu à la princesse de Caraman Chimay. Celle-ci a eu l'idée de lancer le concours des villages fleuris et s'est trouvée à la tête d'une association florale de France. Elle offre des fleurs à Sainte Preuve, une Vierge missionnaire, venue au 6° siècle d'Ecosse avec les Bénédictins probablement. Admirerons tous ces témoins de la foi qui vivent ici à Liesse depuis 850 ans et qui ont rayonné la dévotion à Notre-Dame de Liesse à travers la France et le monde.

 

Le vitrail de Nicolas Barré.  

Nicolas Barré est un picard, né en 1621 décédé en 1686. L'insécurité est grande dans le pays, la moitié des enfants meurent à Sauceville-les-Rouen, à Amiens ou ailleurs. Le père Barré contemple longuement Jésus enfant dans la crèche. Il contemple aussi la détresse des gens du peuple dans les faubourgs de Rouen. Comment relier l'un à l'autre ? C'est le mystère du Fils de Dieu fait homme pour transformer en lui toute humanité. Il voit dans la misère des petits, un appel du Christ. Après 15 années de prières, de recherches, il voit la possibilité de regrouper les enfants pauvres. En 1662 l'intuition du père Barré trouve un écho en des femmes courageuses qui se donnent à la mission. Les sœurs sont à Rouen. A Paris, Marie de Lorraine, duchesse de Guise vivait à Paris près de la paroisse St Jean en Grève où les sœurs s'occupaient des petites filles pauvres. Elles sollicitent du père Barré l'envoi de sœurs à Liesse. Et, en 1680 les sœurs de l'Enfant Jésus appelées aussi sœurs de St Maur, arrivent à Liesse à l'Hôtel-Dieu. En 1789 il y avait 22 communautés sur les terres des Guise. Aujourd'hui elles sont en Europe (France, Espagne, Italie, Angleterre, Irlande), en Asie (Japon, Thaïlande, Malaisie), en Afrique(Cameroun, Nigeria), en Amérique latine (Pérou et leur dernière fondation en Bolivie). Posons notre regard sur le vitrail Nicolas Barré, grand contemplatif. A gauche la sœur Hayer la première sœur envoyée à Liesse par Nicolas Barré pour s'occuper des enfants. A cette époque il y a aussi l'accueil des pèlerins et surtout des pèlerins souffrants. Il y a le rayonnement du pèlerinage. Un manteau de Notre-Dame de Liesse a été peint par une Japonaise. Et il y a tous les enfants, des enfants qui depuis 350 ans sont accueillis dans l'école de Liesse.

 

Le vitrail du diocèse de Soissons

En haut, dans le quadrilobe, on voit St Jean des Vignes, à Soissons. A gauche, une tour de la cathédrale de Laon, avec une tête de bovin. La cathédrale étant bâtie sur un plateau, ce sont les bœufs qui ont monté les matériaux. En remerciement, les bourgeois de Laon ont mis des bœufs sur les tours de leur cathédrale. En dessous, on voit un bûcheron avec sa hache : il y a beaucoup de forêts dans la région, un employé avec sa quenouille: il figure la région de Bohain – St Quentin où il y avait beaucoup de tissages et de filatures. En bas, l'hôtel de ville de St Quentin avec le blason d'un évêque de Laon.

En haut, à droite, une église fortifiée de Thiérache, puis un éleveur avec sa brebis sur les épaules, une tête de bovin parce qu'on a beaucoup de pâturages en Thiérache. Un cultivateur offre ses gerbes de blé, un vigneron ses grappes de raisin. Les croix blanches sont les croix des cimetières militaires, nombreux dans la région.

Le personnage qui a les mains jointes, c'est le Père Thomas, recteur de la Basilique qui a œuvré avec Mr Despierre, maître verrier. A à ses côtés, Mr Pichelin, maire de Liesse, Mr Gigot, l'architecte des monuments historiques, et Mr de Francqueville (dont le blason de famille est représenté), qui est marié à la fille du Maréchal Leclerc.

 

 

Les 4 petits vitraux bibliques

Ils reprennent la lettre de Paul VI sur la joie chrétienne, car Dieu nous a créés pour notre bonheur.

- Dès le début de l'Ancien Testament, s'exprime le projet d'amour de Dieu.  Abraham reçoit la promesse, des femmes stériles (Sarah, Anne) dans leur vieillesse donnent la vie. Et David nous chante des psaumes de confiance des psaumes de joie.

 - Dans le Nouveau Testament, la joie s'exprime en Marie. Elle reçoit la visite de l'ange et va vers sa cousine Elisabeth.

- Puis, du début à la fin de sa vie publique, des noces de Cana à la vie donnée sur la croix puis la Résurrection, Jésus enracine dans la joie la base de notre espérance.

- Enfin, Marie, image de l'Eglise : la femme qui enfante notre Sauveur enfante aussi tous les hommes.

 

Abraham (coté nord )

Sous nos yeux Abraham, père des croyants. Despierre, le maître verrier, l'a mis en jaune, c'est la couleur choisie pour la révélation. Dieu dit à Abraham "Quitte ton pays" Abraham comprit que Dieu lui demandait de se mettre en route. "Ne crains pas, je suis le Dieu qui  fait alliance avec toi, marche en ma présence, je serai pour toi un ami, je ferai de toi un grand peuple, lève toi et marche". Abraham part.

"Tu seras père d'un grand peuple" lui avait dit Dieu. Mais Abraham n'a pas d'enfant, sa femme Sarah ne pouvait enfanter. A gauche du vitrail, Sarah. Sa robe est brune, cette couleur distingue les femmes en difficulté d'enfanter.

Ssur nos vitraux. Abraham, sûr de la parole de Dieu, espère contre toute espérance et dans sa vieillesse Sarah libérée de son humiliation, lui donne un fils Isaac. Quelle joie de donner la vie !

Au-dessus de Sarah, Anne, autre femme stérile. Elle va, confiante, en pèlerinage à Silo. Sa prière est exaucée, elle donne la vie à un petit Samuel.

Anne, Sarah, toutes deux donneuses de vie dans leur vieillesse. Il faut signaler qu'à Liesse des femmes en difficulté d'enfanter s'adressent à Marie qui intercède pour elles. Cette faveur obtenue, elles reviennent dire leur merci.

 

En fond de tableau, l'arche d'alliance, Dieu présent dans son peuple, Dieu accompagne son peuple à travers les joies, les épreuves, les faiblesses, les angoisses des hommes, et tout ce peuple vit dans l'espérance du Messie, du Sauveur promis.

 

Sur la droite en haut, un homme en rouge la couleur de l'amour, c'est le roi à qui Dieu fait miséricorde après sa faute. Dieu cherche toujours à répondre à l'homme, et David dans les psaumes chante cet amour de Dieu, cet amour de miséricorde. "Pitié Seigneur dans ton amour", mais aussi, "Je bénirai le Seigneur toujours et partout, rendons grâce au Seigneur".

Dans le lobe du haut, vous distinguez l'étoile de David. Au cœur de cette alliance de Dieu avec les hommes, se vit une espérance, l'attente du Messie promis. Mais qui lui donnera la vie à ce Messie ? Alors regardons les lettres enlacés dans cette étoile.

 

 

L'Annonciation (côté sud).

Marie, en bleu, "Sois joyeuse, Marie, toi qui a la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi". Jeune fille d'Israël, habitante d'un village quelconque, méprisé, Nazareth, mais porteuse de toute l'attente de son peuple.

A gauche, le messager, c'est le messager de la bonne nouvelle, il est en jaune, révélation. Regardons son attitude : ses bras, un bras levé pour apporter la nouvelle, une main tendue attend la réponse. Car Dieu nous veut libres, il ne nous contraint pas.

Et Marie dit : "Comment cela se fera t'il ?" Elle questionne, c'est son droit. "Sois sans crainte, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, et voici que tu seras enceinte, tu enfanteras un fils, l'Esprit Saint viendra sur toi et te couvrira de son ombre, celui qui va naître, sera saint, il sera appelé fils de Dieu".

La nuée avait accompagné l'arche d'alliance au temps de l'ancienne Alliance, Marie est vivante arche d'alliance. Alors elle donne sa réponse, son engagement pour coopérer à l'action de Dieu, au projet de Dieu, sans savoir où cela l'amènera. "Réjouis toi Marie"!

En s'adressant à Marie, Dieu s'adresse à nous aussi. Réjouissons nous de choix que Dieu a fait de nous par notre baptême ! Et d'ailleurs ne sommes nous pas chargés de transmettre cette joie autour de nous ? Cette joie qui s'enracine dans l'assurance que Dieu est en nous, qu'il fait route avec nous depuis son incarnation.

Après la visite de l'ange, en simple petite juive, Marie continue ses besognes, chercher de l'eau à la fontaine …Puis en toute hâte, nous dit saint Luc, elle part servir sa cousine Élisabeth. N'a t'elle pas dit "Je suis la servante de Seigneur ?" C'est un long voyage de Nazareth à Aïn Karin, 150 kilomètres, mais Marie est toute tendue vers la joie qu'elle va donner.

Regardons le vitrail : au-dessus de l'ange, 2 femmes : Marie, en bleu, Élisabeth, en brun. Dans le sein de sa mère Jean-Baptiste tréssaille de joie à l'arrivée de Marie. "Alors Elisabeth fut remplie de l'Esprit Saint".

L'ange avait dit "Tu auras un fils, Emmanuel, Dieu avec nous". Elisabeth dit:"Bienheureuse es-tu, mère de Dieu" et Marie : "Le Seigneur fit en moi des merveilles, saint est son nom". (Lc 1, 13 ; 45)

A la même hauteur que cette scène, la rencontre des 2 femmes, c'est la présentation de Jésus au temple. Et déjà la parole de Syméon :"Un glaive te percera le cœur". (Lc 2, 35)

En bas du vitrail, 2 personnages étendus, Eve et son tentateur. Eve accepte de lui le fruit symbolique. Dans la main de la femme, un fruit vert, le mal. Dans la main de Marie, un fruit doré, la révélation.

Nous sommes aimés de Dieu, il s'est donné à nous par Marie. Dieu veut notre bonheur. Quelle alliance faisons-nous avec lui ? Comment répondons nous à son amour?

Sous ce 2° vitrail, un tableau : La nativité, commandé par le comte de Mauny, garde du corps de Louis XIII. Les personnages sont le comte et sa femme Isabelle de Jouvenel des Ursins, qui offrit le tableau après la mort de son mari. En haut du tableau, Marie met au monde Jésus, et les anges annoncent "une grande joie : un Sauveur vous est né !".

 

Le vitrail des noces : de Cana ou de Cana à Golgotha.

"Il y eut des noces à Cana et Marie y était, avec Jésus et ses amis".

A DROITE, Marie, la révélatrice, en jaune.  Marie s'aperçoit du manque et le signale à Jésus : "Ils n'ont pas de vin". Et la réponse de Jésus "Mon Heure n'est pas encore venue". Cependant une deuxième parole de Marie, s'adresse aux serviteurs :"Faites tout ce qu'il vous dira". Sollicitude de Marie pour les hommes, le fait qu'elle aille au-devant de tous nos besoins à Cana, c'est un aspect, concret le manque de vin. Mais à Cana, Marie se situe entre son fils et nous, dans les réalités de nos privations, de notre pauvreté, de nos souffrances. Elle agit en médiatrice, à sa place de mère, non pas de l'extérieur. C'est Jean Paul II qui nous le dit dans son Encyclique Redemptoris mater. "C'est avec ce caractère d'intercession manifesté pour la 1° fois à Cana en Galilée, que la médiation de Marie, se poursuit dans l'histoire de l'Eglise et du monde. Son amour maternel la rend attentive aux frères de son fils et donc à nous tous dont le pèlerinage n'est pas achevé".

Maintenant regardons les urnes rouges. "Remplissez d'eau ces urnes"! Un jour quand sera venue l'Heure de la mort et de la résurrection de Jésus, il sera lui-même le maître du festin, il donnera à ses Apôtres le vin nouveau de son sang "Prenez ceci est mon sang versé pour vous". Les témoins du signe de Cana, les disciples croiront en lui ? Jésus part sur les routes. Il guérit les malades, fait entendre les sourds.

Et que font les hommes, ils le mettent sur la croix. Un fond bleu foncé et Jésus sur la croix, est ce un échec? Non, c'est encore la joie, car Jésus peut dire à son Père "J'ai accompli l'œuvre que tu m'avais données à faire, je remets mon âme entre tes mains".

Et d'ailleurs, la mort n'est pas une fin, le bras droit de Jésus est dans le jaune. Trois jours après, il ressuscite. Sans doute y a-t-il, dans ce jaune, le bon larron.

De Cana à Golgotha, la mort et résurrection de Jésus sont annoncées et se réalisent, pour notre Libération et notre joie. Et Marie, présente depuis Cana jusqu'à la croix, Marie "cause de notre joie", reste à nos côtés.

 

 

Marie et l'Eglise : la femme et le dragon. L'Apocalypse. (côté sud)

 

C'est l'illustration du chapitre XII de l'Apocalypse de saint Jean. On pourrait l'intituler, la femme et le dragon. "Un grand signe apparut dans le ciel, une femme vêtue du Soleil, la lune sous les pieds, sur la tête une couronne de 12 étoiles. Elle était enceinte, prête à enfanter dans les douleurs de l'enfantement". Voilà ce que nous dit saint Jean, qui ne pouvait pas parler librement puisque c'était l'occupation romaine, il parlait en symboles.

Un autre signe apparut dans le ciel, c'était un grand dragon rouge feu. Le dragon se porte devant la femme afin de dévorer son enfant dès sa naissance. "Elle mit au monde un fils, c'est lui qui doit mener paître toutes les nations".

Sur la gauche, la femme enveloppée du Soleil, la lumière.

Sur la droite, le rouge de l'amour, mais un rouge incertain, un rouge violacé, c'est l'anti-amour. Ce dragon ne pourra pas atteindre cet enfant car c'est le Sauveur du monde. Alors regardons ces flèches, des flèches précipitent le dragon dans l'abîme. Voyons maintenant les lignes du vitrail. Des lignes courbes, dynamiques, si bien étudiées qu'elles épousent la pierre.

Ils ont vaincu par le sang de l'Agneau, l'Agneau dans le lobe du haut, et par la parole dont ils ont rendu témoignage, renonçant à l'amour d'eux même jusqu'à en mourir. Nous pensons aux martyrs d'autrefois, à celui qui a célébré les eucharisties dans cette église, jusqu'en 1789, date où on l'en a chassé, (et en 1795 il a été guillotiné sur la place de Laon), c'est Dantheny. Pensons à tous les martyrs d'aujourd'hui.

Sur la gauche, dans le lobe, la croix. C'est par la croix que cet enfant nous sauve. "Soyez donc dans la joie vous qui avez votre demeure". Sur la droite, dans le lobe, l'épée de justice : Dieu, par sa mort nous a justifiés.

Cette femme, c'est l'Eglise, dans laquelle nous avons été introduits par notre baptême, l'Eglise dont nous sommes membres. Et le Seigneur nous demande d'être membres actifs.

 

 

 

La Pentecôte : (au dessus du porche)

Au-dessus du portail, un vitrail avec des teintes rouge des flammes de Pentecôte, jaune, de la lumière. En quittant le sanctuaire, toutes les couleurs nous disent que l'Esprit Saint avec Marie nous accompagne sur notre route.